Depuis l'invention de l'écriture, nous sommes prisonniers de la ligne. Pour exprimer une pensée, nous devons aligner les mots les uns derrière les autres. Un livre, un tweet, un prompt : tout est linéaire. Pourtant, notre cerveau ne fonctionne pas comme ça. Nos idées sont des réseaux, des constellations, des toiles d'araignée.
Et si on arrêtait de lire le dictionnaire de A à Z, pour s'y promener physiquement ? C'est de cette question qu'est né Lexiscope : un explorateur 3D qui transforme le vocabulaire en un univers navigable.
Pour construire cette carte, nous avons emprunté les yeux d'une machine. Les Intelligences Artificielles d'aujourd'hui (les fameux LLM) ne "comprennent" pas le français comme nous. Pour elles, un mot n'est pas une suite de lettres, c'est une coordonnée GPS dans un espace mathématique à 300 dimensions.
Nous avons pris une base de données d'apprentissage massif (qui a ingurgité des milliards de phrases pour comprendre que Chien est souvent à côté de Chat). Puis, grâce à un algorithme de réduction dimensionnelle appelé UMAP, nous avons écrasé cet hyper-espace à 300 dimensions pour le faire rentrer dans un espace 3D (X, Y, Z) compréhensible par l'œil humain.
Le résultat ? Une galaxie de plus d'un million de concepts. Si les mots Mélancolie et Temps gravitent l'un autour de l'autre à l'écran, ce n'est pas un choix éditorial. C'est la gravité pure et statistique de la culture humaine, calculée par la machine. Vous êtes littéralement en train de vous promener dans l'espace latent (le cerveau géométrique) d'une IA.
L'interface vous permet de tirer des fils lumineux entre des concepts pour en trouver les "interstices". Vous cherchez l'idée exacte qui relie Guerre et Paix ? Le moteur calcule le barycentre spatial entre ces deux étoiles et illumine les concepts qui se trouvent exactement au milieu. C'est un instrument d'optique pour trouver les mots de passage et créer des associations d'idées inédites.
L'exploration de la pensée est intime, l'architecture technique devait l'être aussi. L'industrie actuelle aurait voulu que nous mettions tout cela sur un serveur Cloud, avec une API facturée à la requête qui traque vos recherches. Nous avons fait l'inverse.
Lexiscope est un projet Zero-Server et Privacy-First.
La base de données, contenant 1,2 million de concepts, est chargée localement en mémoire dès l'ouverture de la page. C'est votre navigateur, et uniquement votre carte graphique (via WebGL et Three.js), qui calcule le rendu des particules à 60 FPS, filtre les réseaux et calcule les distances spatiales.
Vous explorez l'infini, mais tout se passe à huis clos, sur votre propre machine.